Teinture végétale au Bissap, au Kinkéliba et Curcuma…

Teinture végétale au Bissap, au Kinkéliba et Curcuma…

Aujourd’hui, on part à la découverte de la chimie complexe et ô combien fascinante des teintures végétales. Celle-là même que la nature nous offre encore, et toujours. C’est une chimie utilisée depuis des millénaires pour teinter étoffes et fibres, une chimie qui séduit encore et encore

Ma première teinture végétale remonte à il y’a 4 ans, c’était une teinture à base de Curcuma. J’étais déjà fascinée que la couleur puisse “prendre” sans mordant. Alors quand j’ai suivi le cours sur les teintures à l’école des plantes, ma curiosité s’est agrandie et avec elle, des idées à la pelle et des envies d’expérimentation à n’en plus finir.

Je me suis donc remise aux essais et expérimentations hauts en couleur, pour partir à la découverte des plantes tinctoriales.

 

Bref, la Teinture végétale c’est quoi?

La teinture végétale utilise les plantes comme ressources de colorants, en les faisant interagir avec les textiles pour y transférer la couleur.

Aurelia Wolff

 

 

Premiers essais faits sur du tissu 100% Coton avec:

  • Les pelures d’Oignons rouges (Le résultat final est le même avec les pelures d’oignons pas rouges)
  • Le Bissap, Karkadé, Hibiscus sabdariffa (Tout ça c’est la même chose 🙂
  • La poudre de Manjishta, de son nom latin Rubia cordifolia
  • Le Curcuma
  • Le Kinkéliba: Plante pas du tout tinctoriale à la base, mais comme elle est riche en tannins j’ai quand même voulu la tester en teinture pour voir ce que ça donne. Résultat: Un beau beige qui ne manque pas d’allure.

Pour ces essais, j’ai utilisé:

  • des couches lavables pour bébé 100% en coton
  • De la Poudre d’Alun: pour le mordançage

Le mordançage, à quoi ça sert?

Première étape à faire avant de teindre un tissu, le mordançage va permettre de fixer la couleur sur le tissu. Il prépare la fibre pour qu’elle “accueille” le colorant mais surtout pour que celle-ci garde sa couleur même après plusieurs lavages. La quantité de mordant utilisé va déterminer l’intensité de la couleur. En bref, plus il y’aura de mordant, plus la couleur sera foncée.

Le mordant utilisé pour ces recettes est la Poudre d’Alun, c’est un “aimant à couleur!” Et j’ai utilisé pour chaque recette, de 20 à 30% d’Alun du poids du tissu.

Exemple: Pour un carré de tissu sec qui pèse 100g, on ajoutera 20 à 30 g de poudre d’Alun pour le mordançage.

De l’importance de la qualité de l’eau: 

La qualité de l’eau en teinture est primordiale. Même s’il est recommandée de l’eau de pluie car non calcaire, j’ai jusqu’ici réalisé mes teintures avec de l’eau du robinet. Mais elle n’est pas du tout recommandée car elle contient du calcaire, du chlore et parfois du Javel. Faute de mieux ces derniers jours, j’ai dû m’en contenter, et rajouter un peu de vinaigre pour rendre l’eau moins dure et son PH plus neutre.

La qualité des ustensiles et récipients:

Les ustensiles pour remuer doivent être en bois. J’ai préparé mon bain de teinture dans une casserole en acier inoxydable, il paraît que c’est ce qu’il y’a de mieux car ils vont rester neutres pendant tout le processus de cuisson

 

Teinture à l’Hibiscus:

  • Pour 20g de morceau de
  • 20 g d’Hibiscus séché
  • 1 litre d’eau
  • 6 g de poudre d’Alun

1- Faire le mordançage du tissu.

2- Faire une décoction d’Hibiscus. Filtrer le mélange. Ajouter Remettre la décoction filtrée sur le feu et ajouter le tissu mordancé. Laisser cuire 15 minutes.

Hors du feu, je laisse macérer encore plus longtemps, environ 15 min à 20 min.

 

 

Teinture aux pelures d’Oignons

  • 15 g de pelures d’Oignons
  • 6 g de poudre d’Alun
  • 1 litre d’eau

On prend la même recette et on recommence!

 

On fait une décoction de pelures d’oignons rouges ou jaunes et on filtre. On y fait tremper le tissu mordancé et on fait cuire 10 à 15 minutes. On laisse macérer 30 min. On rince et on fait sécher.

 

 

 

Teinture à la Rubia cordifolia

  • 6 grammes de Poudre d’Alun
  • 20 g de Rubia cordifolia encore appelée Manjishta
  • 1 litre d’eau non calcaire

1- Mettre à bouillir la poudre de Manjishta dans de l’eau. Y jeter le tissu mordancé.

2- Laisser cuire pendant 15 min. Ensuite, hors du feu laisser macérer pendant 30 min.

3- Rincer, essorer et faire sécher.

Quantités et procédés identiques avec le bain de teinture au Curcuma ou encore au Kinkéliba…

 

Prochains essais avec les plantes suivantes:

  • Cola nitida, la Kola, chère à mon coeur. Fruit hautement symbolique venu du pays de mes ancêtres
  • L’ Achilée millefeuille
  • La Carotte sauvage
  • L’Ortie


3 thoughts on “Teinture végétale au Bissap, au Kinkéliba et Curcuma…”

    • Coucou Sophie, mercii!
      Pour répondre à ta question, l’étape du mordançage est vraiment utilie pour que les couleurs prennent et tiennent dans le temps… Plus il y’aura de mordant en général, plus la couleur sera intense, mais on doit rarement dépasser les 40 g avec la poudre d’Alun, qu’on peut acheter dans les magasins bio, en ligne sur internet sur les sites comme Aromazone ou mieux encore chez http://alysse-creations.info/catalogsearch/result/?q=alun qui a fait des ingrédients pour teintures naturelles l’une de ses spécialités. Tu y trouveras aussi de l’acide tartrique ou encore de la crème de tartre qui donne de très beaux rendus aussi. Mais la poudre l’alun pour débuter c’est déjà très bien! 🙂
      Pour revenir au mordançage: On fait dissoudre la poudre d’Alun (10 à 30% du poids du tissu sec) dans de l’eau portée à ébullition avec le tissu dedans. Ensuite, on laisse refroidir avant de l’ajouter dans la décoction de plante filtrée qu’on va préparer.
      Je dois en effet ajouter ce point dans l’article. Merci d’avoir attiré mon attention là-dessus 😉
      Pour le reste, je dirai que l’art de la teinture est assez complexe et très variable, tout est question de quantités, de dosages, de durées de trempage…. On n’obtiendra pas toujours le même rose en faisant tremper son tissu dans une décoction d’hibiscus pendant 20 min que pendant 60, tout comme le résultat sera différent en fonction du dosage du mordant, ou même encore en fonction du mordant utilisé. Au final, il y’a que des expérimentations à faire! Et surtout à tout noter dans un carnet d’échantillons parce qu’il est parfois difficile d’obtenir deux fois la même couleur 🙂
      Merci encore pour ton commentaire Sophie, À bientôt

      • Merci beaucoup pour ces informations très utiles !!
        J’essaierai sans doute un jour, pendant des vacances ! Je vais partager le lien avec une amie aussi qui fait de la teinture Shibori (Justine, “Les petites fivoises”) et qui sera sans doute très intéressée par ton article !
        Bises !

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