Je suis un arbre déraciné…

Je suis un arbre déraciné…

Les racines…

il paraît que sans ses racines on ne va nulle part, ou pas bien loin. L’arbre a beau montrer son plus beau feuillage, faire grimper ses branches à tutoyer le ciel, mais s’il venait à perdre ses racines, si on les lui coupait, pour sûr il ne survivrait pas. Il perdrait alors son beau feuillage, ne déploierait plus ses longs branchages. Même transplanté, il ne devrait sa survie qu’à capacité de résistance et d’adaptation à son nouveau milieu. ll pourrait alors s’épanouir sous d’autres cieux, sans crainte, et sans espoir de retour.

Je suis un arbre déraciné… qui n’a cessé de penser à la terre qui l’a vu naître. Je suis partout chez moi, mais c’est surtout là-bas, où je suis née, que mon corps ressent les émotions les plus intenses. Au contact de cette terre, c’est mon corps tout entier qui vibre… comme si j’y respirais un air différent, comme si la terre y était plus légère qu’ailleurs. Est-ce parce qu’elle a porté allègrement mes pas d’enfant? Et si elle avait gardé en mémoire ces souvenirs qui peu à peu m’ont quitté? Et si elle se souvenait de mes jeux d’enfants, de l’empreinte de mes pas, de mes petites mains modelant de la terre en latérite de mon village.

Parfois, lorsque je me perds dans mes rêveries, des souvenirs me reviennent par bribes, je revois alors l’enfant que j’étais courir sous la pluie, et puis je me souviens… et puis cette odeur de terre au contact des premières gouttes de pluie…hmmm…Je m’en souviens comme si j’y étais. Je m’en souviens comme si c’était hier… Je me revois barboter sous la pluie. Et grimper aux arbres. Et rire aux éclats! Comme c’est beau d’être un enfant!

Lorsque je ferme les yeux, cette fois encore, je m’imagine parcourir ce pays, là où j’ai grandi… du Nord au Sud, d’Est en Ouest, je vais jusqu’aux recoins les plus reculés, que mes pieds jusqu’ici n’avaient pas encore foulés. Le temps d’un rêve imaginaire, je m’y crois vraiment. Je redécouvre ma petite Afrique, mon bout du monde à moi.

Je suis un arbre déraciné. Mais il paraît que mes racines, partout m’accompagnent…



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